Arles, après l’image

Patrick Boucher, Maxime Genay

Par Gaëlle Perrin, le 26 août 2026

Les Rencontres ont, as usual, attiré un monde fou durant tout l’été. Mais ce qui nous intéresse peut-être encore davantage, c’est ce qu’il reste quand l’événement commence à s’effacer. Certaines expositions sont encore visibles, les galeries reprennent leur rythme, on trouve plus facilement une table au restaurant, on retrouve le temps de s’arrêter boire un café ou de pousser la porte d’une nouvelle adresse. On ne vient alors plus seulement à Arles pour les Rencontres, mais pour profiter de tout ce qu’elles ont, au fil des années, contribué à faire de la ville.

Depuis plus de cinquante ans (la première édition a eu lieu en 1970), la photographie s’est immiscée partout à Arles. Dans les églises et les cloîtres, les anciens bâtiments industriels, les hôtels particuliers et jusque dans des lieux totalement improbables que jamais l’on n’aurait pensé visiter. Chaque été, la ville devient un immense terrain d’exposition et offre au passage une formidable occasion d’en découvrir le patrimoine. Puis septembre arrive. Les affiches sont toujours là, les expositions aussi, mais les rues commencent à se vider. Et c’est précisément à ce moment-là qu’Arles révèle à quel point elle ne se résume pas seulement à son grand rendez-vous photographique.

Les Rencontres restent pourtant un excellent point de départ. Cette année, nos coups de cœur nous ont menés à l’Espace Van Gogh pour découvrir Martine Barrat, qui photographie depuis les années 1970 un New York loin des cartes postales, au plus près des habitants de Harlem et du South Bronx. Avec les enfants, on y reste pour R comme regarder, autour du livre photographique jeunesse et de cette idée toute simple : apprendre à regarder.

À l’Espace Croisière, Nous ne sommes pas seuls fait partie de ces expositions que l’on continue à avoir en tête longtemps après. À l’Espace Monoprix, on s’attarde sur le travail de Souleymane Bachir Diaw et de Charlotte Yonga. À la Chapelle Saint-Martin-du-Méjan, Harry Gruyaert nous embarque ailleurs par la couleur, tandis que Ghana !, au Palais de l’Archevêché, offre encore une autre lecture de la photographie contemporaine. Et puis il y a Luma, avec son toboggan géant, et la Mécanique Générale : deux incontournables à faire, notamment avec les plus jeunes. On y découvre notamment Modèle Animal, une exposition drôle, surprenante, parfois un peu inquiétante. 

Mais après l’image, justement, il y a Arles.

Et c’est sans doute ce qui a le plus changé ces dernières années. La photographie n’a pas seulement investi la ville le temps d’un été. Dans son sillage se sont installés galeries, fondations, librairies, restaurants, cafés, hôtels et commerces indépendants qui font désormais partie du paysage arlésien. Une effervescence qui ne disparaît pas avec les festivaliers. Les rues sont moins encombrées, les terrasses respirent à nouveau, mais la ville, elle, reste bien réveillée.

Vague en est un joli exemple. Galerie mais aussi salon de thé, on y passe voir une exposition et on finit autour d’une glace coco-curcuma. Un peu plus loin, difficile de ne pas pousser la porte de la Fondation Lee Ufan. Dans l’hôtel de Vernon, le dialogue entre les œuvres de l’artiste coréen, l’architecture ancienne et l’intervention de Tadao Ando offre l’un des plus beaux détours culturels de la ville. L’image se prolonge à la Librairie du Palais, autre passage que l’on ne manque jamais à Arles. Sa sélection particulièrement pointue d’ouvrages de photographie mêle grands noms, jeunes talents, monographies et pépites d’éditeurs indépendants. Le genre de librairie où l’on entre « juste pour regarder » et d’où l’on ressort rarement les mains vides.

Puis on reprend la rue. Quelques emplettes chez Moustique, avant de rejoindre la place du Forum pour un verre sur la terrasse du Nord-Pinus, tout juste rénové. Une institution arlésienne qui traverse les époques et reste l’un des meilleurs postes d’observation de la ville.

Allez Hop au lit chez Guillaume et Claudia 

Le Voltaire, repris début 2025 par Guillaume Multrier et Claudia Lomma. Une adresse sans chichis, fraîchement rénovée, où les chambres jouent la couleur jusque dans les salles de douche entièrement carrelées de bleu ciel, marine, beige, orangé ou brique. Et parce qu’ici qui dort dîne, la table prolonge l’esprit de la maison avec des assiettes à partager, des pizzetas et une cuisine joyeuse. Une bonne base surtout pour laisser la voiture de côté et vivre Arles à pied (…) Lire la suite

Allez Hop à table chez Claudia

À deux pas des arènes, Chez la Belge porte bien son nom. Derrière cette petite cantine arlésienne ouverte en mai 2025, il y a Claudia Lomma, Italienne de passeport, Bruxelloise d’adoption et Arlésienne désormais, qui a quitté les médias pour passer derrière le comptoir. Une reconversion qui lui va plutôt bien (…) Lire la suite

Allez Hop à table chez Coline

Oleti signifie « merci » dans les nombreuses langues kanak de Nouvelle-Calédonie, son pays natal. Elle y sert des plats simples et réconfortants, ainsi que des douceurs, à l’image de son cookie au pandanus, aux saveurs de vanille et d’amande.

35, Rue Voltaire
Instagram

Allez Hop à table chez Céline Pham

À Arles, Céline Pham a posé ses couteaux dans une ancienne chapelle du 13ème siècle pour y ouvrir Inari. Une cuisine de marché, directe et vivante, où se croisent technique française et influences vietnamiennes, portée par une vraie liberté d’exécution. (…) Lire la suite

Et puis il y a la terrasse de l’Épicerie du Cloître sous un paulownia géant, toujours une bonne idée. Produits locaux, vins régionaux : la carte vagabonde autour des saisons. Une de ces adresses auxquelles on revient sans vraiment se poser de question.

22, Rue du Cloître
Site

Allez Hop on craque chez Margaux Friocourt

Chez Plage Plage, on fait des glaces comme on les aime : artisanales, pleines de goût et jamais tout à fait là où on les attend. Les parfums jouent avec les saisons et les associations originales. Cornet ou pot, difficile de ne pas craquer.

6, rue de la Cavalerie
Instagram

Allez Hop, on se renseigne

Office du tourisme d’Arles

Rencontres d’Arles

 

 

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