Hambourg, d’iode et d’acier
Par Bérénice Debras, le 15 juil. 2026
Au diable les clichés ! Hambourg est sans doute l’un des meilleurs secrets de l’Allemagne. Bourgeoise et rebelle à la fois, la ville vit d’eau et de culture. L’été, elle étonne par sa verdure luxuriante et son ambiance décontractée. Canoé sur l’eau, salle de concert en forme de vague, bunker végétalisé… Et au milieu coule l’Elbe majestueux.

Hambourg est peut-être née d’une sirène. Ses amours s’illustrent dans les eaux troubles et les humeurs de l’Elbe qui se jette à 120 kilomètres dans la mer du Nord. Ses marées, parfois folles, dictent le ballet des tankers et des porte-containers, venus des océans lointains, jusqu’à son port. Là, son cœur bat dans une chorégraphie de grues à l’esthétique singulière et rugueuse. Cette beauté saute aux yeux depuis l’Elbphilharmonie, navire coiffé de vagues en verre et signé par le cabinet Herzog & de Meuron. Surplombant les flots, le bâtiment donne le « la » au nouveau quartier HafenCity et un second élan à Speicherstadt (« la ville des entrepôts »), élevé dans un feu de briques rouges classé Unesco. Autrefois, on y déchargeait directement les marchandises depuis les canaux. Épices, thé, café… et tapis d’Iran. Leurs derniers vendeurs accrochent leurs kilims aux fenêtres. L’eau, encore. En quelques enjambées, voilà le lac intérieur de l’Alster et Jungfernstieg où l’on promenait les jeunes filles à marier dans un siècle qui ne connaissait ni internet ni Tinder. Mais trêve de présentation.
Au fil de l’eau

Enfilez votre maillot et rendez-vous au Supper Club d’Eppendorf pour louer, au choix, canoé, kayak, Stand Up Paddle ou pédalo. À fleur d’eau sur les canaux, une nouvelle géographie de la ville se dessine à l’ombre des saules pleureurs et des sifflements de cygnes. Dans ce quartier huppé, les villas bourgeoises aux jardins bucoliques affichent un luxe discret selon la tradition protestante - les garages, eux, cachent l’équivalent d’un Salon de l’Automobile de Porsche dernier modèle ou old timer. On s’arrête, sans descendre de l’embarcation, au Café Canale. Apfelschorle (jus de pomme) ou Aperol-Spritz, selon l’heure, sont livrés depuis une fenêtre. Il y a foule. On patiente à la queue-leu-leu des Stand Up Paddle avant de rendre les rames ou les pédales au Supper Club. Un U-Bahn (métro) plus tard et changement d’ambiance. Le quartier St Pauli résonne ce jour-là de « You’ll never walk alone », chanté comme un seul homme depuis le stade FC St. Pauli. L’équipe, aux résultats variables, évolue en 2. Budesliga (seconde Division) mais compterait 11 millions de fans dans le monde. Dans les rues, les supporters portent leur T-shirt marron siglé d’une tête de mort, clin d’œil à un légendaire pirate au cœur de Robin des Bois et sans doute au mouvement punk. Le club, l’un des premiers dans l’univers du foot à avoir condamné le racisme, le fascisme et l’homophobie dans les années 80, reflète l’esprit alternatif du quartier. Comme l’imposant Bunker St Pauli de 50 mètres de haut enfin transformé il y a peu en un hôtel et un jardin suspendu.
Les pieds dans le sable
Quant à la sulfureuse Reeperbahn, elle est à un jet de ballon avec ses histoires de marins, de dockers, de prostituées et de drogue. Et de musique ! C’est ici que Les Beatles ont grandi ouvrant la « Porte du Monde » à de nombreux talents. Une tournée des clubs (de l’electro au pur rock) s’impose. Pratique, ils sont tous les uns à côté des autres. Le lendemain, on pourra lézarder dans un transat du Strandperle à Altona, les pieds dans le sable, face à la gymnastique des grues portuaires. La vie, alors, semble un long fleuve tranquille.
Allez Hop au lit chez Alexander Garbe

« Une Grande Dame en baskets ». C’est ainsi qu’Alexander Garbe aime décrire son premier hôtel (il en a un second, le Strandhotel Blankenese, qui offre une expérience plus « balnéaire » de Hambourg), entouré des villas (très) cossues des (très) discrètes fortunes hambourgeoises. Cette Grande Dame, née au 19e siècle, cultive un style bien à elle dans une élégance décontractée. Habillée de blanc côté rue, elle se drape, une fois à l’intérieur, comme une coquette, dans ses murs vert et bleu (…) Lire la suite
Allez Hop au lit chez Alexander Garbe (encore)

À l’écart des bruits du monde, cette adresse offre un délicieux voyage dans le voyage. Elle complète agréablement un séjour au stilwerk Heimhude plus près du centre-ville. Car ici, à Blankenese, le rythme de vie est quasi balnéaire. L’hôtel de 15 clés regarde les vagues de l’Elbe et les navires XXL passer lentement. Le tout dans des couleurs douces et reposantes.
Adresse : Strandweg 13, 22587 Altona.
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Allez Hop à table chez Johan Lindloff

C’est dans le vibrant quartier d’Altona que le chef Johan Lindloff a mis sa créativité à l’épreuve pour mieux faire passer la « couleuvre » de mets végétariens et végétaliens aux Hambourgeois – et aux visiteurs. « Maquis », lit-on sur le site internet, est un clin d’œil au mouvement de la Résistance en France pour symboliser la remise en question de l’ordre établi. Le chef y arrive par un menu qui se décline en deux options pour chaque plat. Inutile de préciser que les produits sont locaux et de saison. Le décor, derrière une longue vitrine, se fait minimaliste. Dommage que l’attente entre les plats puisse être (parfois) si longue.
Menu : à partir de 60 € les trois plats et 35 € l’accompagnement en liquides alcoolisés ou non.
Adresse : Thedestraße 2, 22767 Altona.
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Allez Hop à table chez Koral Elci

De sa Turquie natale, Koral Elci a gardé l’esprit et le goût méditerranéens. À Hambourg, sa ville d’adoption depuis 1999, cet ingénieur industriel a troqué le stylo et les dessins pour le feu et les casseroles. Fondateur de Kitchen Guerilla, une cuisine mobile, il a derrière lui des émissions de télévision culinaires, une foule de pop-up et, aussi, des restaurants… Il mûrissait depuis longtemps l’idée d’une « cantine urbaine ». Sa Table dot (clin d’œil à « table d’hôte ») s’inspire des cantines stambouliotes de travailleurs (…) Lire la suite
Allez Hop on prend un Apfelschorle au Café Canale
Ce petit café sympathique vaut surtout pour son « take away » sur l’eau. Au menu : cappuccino ou bière, tarte flambée, sandwich au poisson à grignoter sur son pédalo ou son Stand Up Paddle.
Adresse : Poelchaukamp 7, 22301 Hambourg-Nord.
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Allez Hop on se pose au Strandperle

Ambiance balnéaire dans ce petit kiosk qui étale ses transats sur le sable… Le Strandperle est une institution à Hambourg. Pas de baignade dans l’Elbe, les courants sont trop dangereux mais joli spectacle des porte-containers.
Adresse : Övelgönne 60, 22605 Altona
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Allez Hop on écoute le son de l’Elbphilharmonie

Les tickets de concert sont très difficiles à obtenir mais l’effort et le prix en valent la chandelle. Le Grand Hall offre un son d’une pureté extraordinaire qui semble « flotter ». À défaut d’un spectacle, une visite à l’Elphilharmonie est incontournable.
Adresse : Platz d. Deutschen Einheit 4, 20457 Hambourg
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Allez hop on grimpe sur le Bunker St Pauli

Longtemps, la ville ne sut que faire de cet héritage de taille (50 mètres de haut !) de la seconde guerre mondiale. Ce bunker, aux murs de 3 mètres d’épaisseur et qui pouvait accueillir jusqu’à 25 000 personnes, était trop près des habitations pour être démoli. Aussi, il a fini par être entièrement végétalisé. Désormais, on peut marcher le long de ses parois jusqu’à un jardin sur le toit doté d’une vue imprenable sur la ville et sur le stade de foot de St Pauli. À l’intérieur, les chambres de l’hôtel Reverb by Hard Rock Hamburg et quelques cafés.
Adresse : Feldstrasse 66/5, 20359 Hambourg.
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Allez Hop on rame au Supper Club Hamburg
Depuis le chapitre Covid, les Hambourgeois ont retrouvé les plaisirs de l’eau. Résultat, l’été, il y a parfois des embouteillages de Stand Up Paddle ou de canoés sur les flots ! Avant ou après la location de SUP, canoé, kayak ou pédalo au Supper Club, on pourra prendre un verre ou grignoter sur place au milieu de la jeunesse dorée locale et de ses parents. Ouverture saisonnière.
Adresse : Isekai 13, 20249 Hambourg-Nord
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Allez Hop on prend la mer jusqu’à Heligoland
Hambourg se vit au fil de l’eau et de ses ferries. En poussant plus loin, c’est-à-dire en trois heures et quarante-cinq minutes en catamaran, un caillou d’un kilomètre carré surgit de l’horizon des flots. C’est Heligoland (Helgoland), la seule île allemande en haute mer. Rasée pendant la seconde guerre mondiale et reconstruite, on l’appelle la Brasilia allemande pour son architecture. C’est aussi un légendaire Duty Free et une station balnéaire à partager avec les phoques. Y aller pour le plaisir contemplatif de remonter l’Elbe.
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Y aller ? Avec Helgoline
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