Borze Café
Chez
Jan Lemaire, Pierre Mouysset, Tim Van Geloven (absent de la photo), Christophe Balthazar, Gregory Van den Brempt, Philippe Van den Brempt & Erik Luysterborg
Daria Oprean
Bien avant d’être cette adresse d’initiés, ce troquet du cœur d’Anvers étanchait la soif des traders de la bourse de marchandises voisine, Handelsbeurs, logée dans un bâtiment néo-gothique époustouflant. À l’abandon durant une vingtaine d’années, le bistrot revit gaiement dans une atmosphère sympathique. On y savoure de bons vins ou on y mange une délicieuse cuisine belge. L’un n’empêchant pas l’autre.
« Il y a plus d’étoilés qui viennent ici que je n’en ai fait jamais fait » s’amuse Jan Lemaire. Et pour cause : la plupart des restaurants étant fermés les lundis et mardis à Anvers, les chefs en profitent pour sortir et goûter à l’ambiance de troquet du Borze Café. Parce c’est bon, simple et sans chichi : vol au vent, stoopvlees (ragoût de bœuf traditionnel belge), courgette farcie… Jan aime se définir comme un cuisinier, un bon cuisinier. « Je ne suis pas un chef. Je n’aime pas penser aux recettes de cuisine la nuit. Pour cela, il y a Benjamin Zakowski et Victor Avonds. Nous avons un drôle de fonctionnement mais ça marche ». Derrière lui, il y a en effet six propriétaires, dont Tim van Geloven (qui fonda le concept-store Graanmarkt 13 désormais fermé, l’équivalent de Colette en Belgique que la Gen Z n’a pas connu). « C’est un peu comme s’ils avaient voulu agrandir leur salon et leur salle à manger pour inviter leurs amis, lâche Jan dans un sourire. Ce sont mes meilleurs clients ». Une jolie façon de résumer et sans doute d’enjoliver. Pour être honnête, nous n’avons pas bien compris qui faisait quoi et qui était qui – et ce n’est pas si grave. Ce jour-là, Jan est aux fourneaux dans la minuscule cuisine ouverte et Daria Oprean, photographe et ex-étudiante à l’école des Beaux-Arts voisine, sert en salle. Sur les murs d’un vert profond, six portraits d’hommes (oui, comme les six propriétaires) regardent avec envie les jolies descentes de vin. Car la soif a belle tenue au Borze Café. La carte des vins, imaginée par le Français Pierre Mouysset, fait côtoyer une bouteille à 32 € (Domaine Haute Févrie Muscadet 2025) et une autre à 600 € (Domaine Henry Bonneau Châteauneuf-du-pape « Célestin » 2019). « Tout le monde y trouve son compte. Nous avons de très bons prix. Les connaisseurs le savent ». On ne dira pas le contraire.
On y va quand ?
Déjeuner du jeudi au dimanche & dîner du jeudi au dimanche.
Prix
À partir de 13 € le Croque Borze et 25 € le plat de stoofvlees
Borze Café
Borzestraat 30, 2000 Anvers
Province d’Anvers, région flamande, Belgique
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