Vienne, nouvelle vague

Par Geneviève Brunet, le 6 oct. 2026

On l’imagine valse, balades en calèche et gâteaux roboratifs, elle se révèle rock’n roll, art contemporain et vins nature. Les Autrichiens disent qu’à Vienne les horloges retardent, c’est de moins en moins vrai, et c’est plutôt révolution de palais à tous les étages. Les hôtels oublient les dorures, les jeunes chefs émergent, la ville s’ébroue et joue la confusion des genres. De quoi faire tourner la tête, à l’image de ces Japonaises, terrassées par le syndrome viennois.

Chaque année, à l’occasion du Grand Bal de la Saint-Sylvestre, une troupe de jeunes femmes japonaises fait le voyage. Leur vision ultra-romancée, cinématographique, de la galanterie européenne les pousse à louer les services d’un cavalier professionnel autrichien. Le temps d’une soirée, elles s’offrent la totale : robe longue, baisemain et valse au bras d’un danseur incarnant le mari idéal. Mais aux premières lueurs de l’aube, le beau gosse remet son jean et les jeunes innocentes font un malaise… Vienne n’est plus ce qu’elle était ? Pas du tout. Elle est même l’une des capitales européennes ayant le mieux réussi à se glisser dans la modernité sans perdre son âme. Les contrastes, c’est son truc : n’oublions pas que Sigmund Freud exerçait à quelques mètres du palais de Sissi et que Adolf Loos, en édifiant sa radicale Loohaus face au palais impérial, a failli provoquer une attaque chez François-Joseph !

Quartiers hybrides

Vienne a longtemps résisté aux changements, mais aujourd’hui, elle cavale en tête de la tendance. Derrière ses sublimes façades baroques, Art nouveau ou Sécession, elle tente des expériences et mélange sans vergogne, dans ses quartiers les plus anciens, adresses tradis et lieux décalés. Voyez cette Vollpension investie par la Gen Z, où ce sont les grands-parents qui préparent le strudel maison dans une atmosphère rétro. Ce café un peu foutraque se niche à Freihausviertel, le quartier qui monte dans le quatrième arrondissement. En bordure de l’agitation du centre-ville, on y torréfiait du café et on y vendait de la seconde main bien avant que cela ne devienne tendance. Les galeries d’art s’alignent désormais dans la Schleifmülgasse, entre deux boutiques vintage et quelques vieux cafés, tel le Café Anzengruber, auberge traditionnelle concoctant l’une des plus authentiques escalopes viennoises de la ville. Juste à côté, le Sekt comptoir Szigeti propose des dégustations de ce fameux pétillant vinifié aux portes de la capitale. Modernité encore avec Meinklang Hofküche, véritable incarnation du farm-to-table où l’on déguste des plats élaborés presque exclusivement à partir des produits de la ferme familiale. Sans oublier le Musée du Troisième Homme, pour une plongée dans les photos en noir et blanc et la bande originale du film !

Voyage dans le temps

Ne parlons pas de nostalgie, mais plutôt de mariage heureux. À la tombée du jour, depuis la terrasse panoramique du Museums Quartier (MQ), on contemple les toits historiques et les dômes ouvragés d’une Vienne impériale, fraternisant avec les volumes contemporains de l’un des centres culturels européens les plus avant-gardistes d’Europe. Cette réinvention muséale sur 60 000 m² en plein quartier classique fit de Vienne, il y a deux décennies, une pionnière. Ici, on sort d’un musée pour en visiter un autre. Mais on finit toujours par atterrir au MAK, Musée des Arts appliqués qui, lui aussi, a réussi en douceur sa mutation. Démarrer du dernier étage en admirant les chaises de Thonet, pour descendre à travers les appartements de Josef Hoffmann et les cabinets de Koloman Moser et finir au sous-sol dans le MAK Design Labor en traversant le travail de Donald Judd, de James Turrell ou les douze canapés de Franz West, c’est voyager dans le temps comme si c’était une évidence. Tout le charme de la Vienne d’aujourd’hui.

 

Allez Hop au lit chez Michael, Florian, Christian & Kal

Ils étaient trois amis Michael, Florian et Christian, issus du monde de l’hospitalité. Associés à l’entrepreneur hambourgeois Kai Hollmann, ils prenaient le risque en plein Covid d’ouvrir à Vienne une réplique des fameux Superbude germaniques. Succès total. Voici donc le quatuor lancé dans une nouvelle aventure : la rénovation d’un bâtiment classique, confiée à Piotr Wiśniewski de weStudio (…) Lire la suite 

 

Allez Hop à table chez Jonathan et Larissa

Jonathan et Larissa : ça sonne comme une chanson. La Mélodie du bonheur ? Ça en a tout l’air. Ils se sont classiquement rencontrés au boulot, dans un célèbre restaurant végétarien viennois, et ont très vite sauté le pas vers leur propre maison. Leur choix vertueux des légumes, plus joyeux que moralisateur, les saveurs intenses (…) Lire la suite

 

Allez Hop à table chez Phil

Est-ce parce que, dans cette ancienne fabrique on imprimait du papier peint ? Phil c’est un peu tout ce qu’on aime dans le genre café-librairie-objets. En semaine, tout le monde picore son muesli ou son sandwich grillé en bossant sur son laptop (le week-end, l’électronique est bannie), laissant le temps de flâner entre le bar vintage, les rayons de la librairie et les objets soigneusement chinés. Vous repartez le cœur léger avec un livre d’architecture et une lampe sixties.

Adresse : Gumpendorfer Str. 10
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Allez Hop à table pour goûter le meilleur Tafelspitz 

L’Empereur François-Joseph en avait fait son plat favori, la famille Plachutta a créé son propre empire du Tafelspitz. Ses cinq restaurants viennois se sont fait une spécialité de ce bœuf cuit dans un bouillon de légumes et accompagné d’os à moelle, de raifort et de pommes de terre sautées. À se lécher les doigts. Cadre chic et service stylé. Prévoir d’avoir faim !

Adresse : Wollzeile 38. 
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Allez hop à table pour grignoter des gâteaux vertueux

Deux entrepreneurs déçus de ne pas retrouver le goût des gâteaux de leur enfance dans les célèbres cafés viennois ont décidé de créer l’association Vollpension (qui signifie « pension complète »). Elle enrôle des retraités qui renouent des contacts et trouvent un petit supplément de revenus. Les mamies concoctent leurs gâteaux de famille qui sont vendus dans deux kioskes du centre-ville et dans une « pension » où d’accortes hôtes entament la discussion avec leurs jeunes clients tout en leur servant, dans un décor vintage, des petits-déjeuners et des goûters. Un projet intergénérationnel tout à fait jouissif.

Adresse : Schleifmühlgasse 16. 
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Allez Hop, une petite noisette

Les cafés viennois sont bien connus pour leur décor inspirant, la componction de leurs serveurs et la perfection de leurs cafés servis sur un petit plateau d’argent. Une nouvelle mouvance consiste aujourd’hui à restaurer ces lieux de légende. 

Le café Bellaria, l’un des plus anciens de la ville, a été revampé par le cabinet d’architectes viennois KLK qui a sauvé la spectaculaire coupole, mise en valeur par une installation de néons. L’Adlerhof a bénéficié d’un relookage plus traditionnel, avec mobilier Thonet et papiers peints années 1960. Le Café Central, devenu tellement touristique qu’on n’avait plus envie d’y mettre les pieds,a fermé pour intégrer un projet contemporain, hélas. On se réfugiera au Café Sperl, encore intact, au Schopenhauer pour observer ses joueurs de Tarock ou au Prückel, vénérable institution redessinée par le grand Oswald Haerdtl dans les années 1950.

 

Allez Hop, on file vers les Balkans

Comme Berlin, Vienne possède son quartier populaire multiculturel. À l’ouest de la capitale, Ottakring embaume les effluves de grillades orientales. Le long de la justement surnommée “Balkan Mile” on cause serbe, bosniaque ou croate dans une enfilade de cafés, bars et restaurants venus de l’ex-Yougoslavie. Convivialité assurée autour d’un plat de beureks, une lampée de rakija et un café turc ultra-serré, au son de la musique traditionnelle.

 

Allez Hop, on craque pour un meuble viennois

En quittant Vienne, il est rare de ne pas avoir envie de s’offrir un vrai bureau Jugendstil, une commode Art déco ou le célèbre fauteuil de bureau de l’ancienne Poste de Vienne dessiné par Otto Wagner. Direction la Galerie Hollzer, dont le catalogue regorge de consoles, d’armoires et de sièges à faire damner un fou de déco.

Adresse : Siebensterngasse 32
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Allez Hop, on s’achète le moulin de son cœur 

Traduisez par « waoo », et c’est vrai : stop impératif dans la boutique du designer Thomas Kreuz. Il aimait tellement le poivre qu’il a fini par dessiner ses poivriers, puis, par extension, des ustensiles pour tout ce qui se broie : piment, noix de muscade, café, sel… Sa boutique est aussi son atelier. En témoignent les imposantes pièces de bois brut dans lesquelles il taille, avant de forger des mécanismes faits pour durer une vie entière. Les objets sont d’une rare élégance et les mécanismes permettent de régler le degré de finesse. Un outil inaltérable pour cuisiniers raffinés. Thomas importe également des poivres rares dont il vous offre volontiers une dégustation.

Adresse : Westbahnstrasse 7
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Allez Hop, on voyage au MAK

Dans son sublime palais érigé autour d’un immense atrium, le Musée des Arts appliqués incarne avec brio la volonté de la ville de ne pas se vautrer dans son passé. Surfant sur l’héritage de la Wiener Werkstätte, le mouvement qui préfigura le Bauhaus, il ne cesse de se réinventer. On s’y régale des joyaux de l’Art nouveau, comme le carton doré à la feuille que Klimt réalisa pour la salle à manger du Palais Stoclet, à Bruxelles, de pièces de Josef Hoffmann ou de Koloman Moser dont les codes esthétiques dictent toujours la vie viennoise, mais aussi d’œuvres de designers contemporains grâce à de spectaculaires expositions temporaires.

Adresse : Stubenring 5
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Allez Hop, on s’immisce dans une collection privée

Une nouvelle adresse permet de se glisser dans l’une des collections privées les plus prestigieuses d’Europe, celle de la mécène Heidi Horten. Un échantillon impressionnant de pièces glanées tout au long de l’histoire de l’art, du modernisme classique à l’art contemporain. Elles ont emménagé, après une rénovation de grande envergure, dans le « Stöcklgebäude » du Hanuschhof, une annexe d’un palais du centre-ville datant de 1862, à la façade désormais végétalisée.

Adresse : Hanuschgasse 3
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Allez Hop, on embarque dans l’histoire

Le Ring Tram, ce tramway jaune qui tournait sans fin autour du cœur historique pour offrir en une demi-heure le panorama complet de l’architecture viennoise, est définitivement rentré au garage. Mais les lignes régulières 1 et 2 empruntent les mêmes rails ! Du Parlement néoclassique à l’Opéra, de la Hofburg aux rives du canal, chaque arrêt révèle une strate du génie architectural de la capitale : impériale, Art nouveau, moderniste, Bauhaus... Parfaite introduction à l’histoire urbaine de la ville. Il suffit de laisser glisser son regard sur les façades…

 

Allez Hop on retrouve le charme des trains de nuit.

Misère, le génial train de nuit qui reliait Paris à Vienne, le temps de quelques rêves, a été supprimé. Plus de subvention française pour le voyage lent, écologique et romantique. La solution : selon l’endroit où l’on vit : partir de Bruxelles ou Zurich. À vous, la lumière un peu floutée sur le quai à l’heure d’embarquer, les épais rideaux gris qui occultent les fenêtres, enveloppant le convoi d’une aura de mystère et les hôtesses-valkyries à képi.

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Allez Hop on se renseigne

Office du tourisme de Vienne

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