D’Avignon au Pont du Gard, en mode tout slow
Par Mahault de Spéville, le 15 juil. 2026
On pensait que ce serait juste un joli week-end de plus. On s’est retrouvé à rire sur un vélo, à s’arrêter toutes les vingt minutes « juste pour voir », et à se dire, assez vite, qu’on tenait bien là une autre manière de voyager. Allez Hop, on va au Pont du Gard à vélo.
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Tout commence à Avignon, à la sortie de la gare, quand on récupère nos vélos électriques signés Moustache Bikes. Confortables, intuitifs, ils changent immédiatement la donne. Sur l’application de Chemins, notre itinéraire est déjà enregistré, ponctué d’étapes bien choisies. Nous voilà paré : Allez Hop ! On quitte la ville sans transition. Très vite, les routes se font plus étroites, se bordent de vignes, d’oliviers, de murets en pierre sèche. Le vélo accompagne le mouvement, sans effort, ça laisse la place aux conversations, à une certaine forme de contemplation, ça donne surtout envie de ralentir. Alors on va piano piano…
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Une première halte qui donne le ton.
Cette ancienne magnanerie entourée de vignes, propriété d’Olivier Ginon, fondateur de GL Events et sa femme Jacqueline, a été repensée avec beaucoup de justesse, mêlant dans un même ensemble, très cohérent, moulin à huile, chai contemporain, chambres, table et galerie d’art. Accueillis par Fabien Revol, en charge de ce Domaine de Panéry, on passe à table pour un déjeuner où les produits du domaine, dont certains multiprimés (cette huile d’olive !), sont bien entendu au cœur de l’assiette. On repart en début d’après-midi, avec la ferme intention de ne surtout pas accélérer.

En fin de journée, à l’heure où la lumière dore le paysage, après avoir pédalé tout doucement et fait une (longue) pause au bord de l’étang de la Capelle, perdu au milieu de la garrigue, on arrive au Mas Re.Source, maison d’hôtes en pierre blonde où tout semble évident, simplifié, à sa place, pensé au plus juste. Marc, le propriétaire, prépare le dîner pour les hôtes : une cuisine ancrée dans le territoire, précise sans être démonstrative, que l’on partage autour d’une grande table où la conversation se prolonge, s’étire.
Le lendemain commence sans empressement, bercé par cette atmosphère toute douce qui a envahi la salle voûtée où est servi le petit déjeuner. On prend le temps mais il faut bien remonter en selle. Direction les Concluses de Lussan. Le paysage change progressivement, jusqu’à laisser apparaître ce canyon de roche claire, creusé par l’eau, où se forment des vasques aux reflets turquoise. On descend, on s’attarde, certains s’approchent de l’eau, imaginant un instant y plonger avant finalement de se rétracter. Et de partir à l’assaut du village, perché sur son piton, dominant la garrigue.
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Ralentir encore
Quelques kilomètres plus loin, nouvel arrêt, nouvelle pause. Saint-Quentin-la-Poterie vit au rythme des ateliers, des fours et des galeries. On déjeune au Café Quentine, dans une petite cour ombragée, où la cuisine locale s’enrichit d’influences indiennes, héritées du parcours de ses propriétaires. L’ensemble est simple, vivant, et parfaitement à sa place. L’après-midi se poursuit pedibus entre la galerie Terras Viva et le Musée de la Poterie méditerranéenne, dont la richesse se révèle peu à peu, bien au-delà de ce que laisse imaginer son entrée discrète. Les collections racontent une histoire séculaire, riche de gestes répétés et transmis jusqu’aux créations contemporaines exposées aujourd’hui. Chez Faustine Fradin, le geste devient plus concret. Les mains dans la terre, on découvre une autre temporalité, plus lente, plus précise, ponctuée de quelques essais approximatifs et de beaucoup de rires.
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En fin de journée, on suit une belle allée bordée de cyprès, nous voilà au Prieuré Saint-Nicolas. Le lieu a fait l’objet d’une rénovation aussi ambitieuse que sensible. Arnaud Le Bihan, son propriétaire, a su redonner vie à cet ancien prieuré sans en lisser l’histoire. Les volumes ont été ouverts, la pierre laissée apparente, la chapelle transformée en galerie d’art où dialoguent œuvres contemporaines et architecture ancienne. Dans les chambres, le salon, se mêlent dans un maelstrom parfaitement maîtrisé, pièces chinées et mobilier joliment signé. À table, l’esprit est le même : une cuisine généreuse, ancrée dans le local, qui rassemble plus qu’elle ne démontre. On comprend assez vite pourquoi certains restent ici plus longtemps que prévu.
Déjà le troisième jour
À Uzès, on laisse les vélos de côté. La ville se dévoile au fil des ruelles, des places ombragées, des façades claires. Le jardin médiéval, en contrebas, offre une parenthèse plus intime, entre plantes médicinales et aromatiques. On fait un stop chez Véronique Nocquet, dont la boutique rassemble une sélection exigeante de pièces françaises, entre mode et décoration. Puis on reprend le guidon une dernière fois et on suit les pancartes Vers-Pont-du-Gard. Un déjeuner à La Grange, café guinguette de village avec assiettes pleines d’allant, et le voilà, enfin, le but de ce périple : le pont du Gard. On l’aperçoit au loin, avant qu’il ne se dévoile pleinement, massif et parfaitement dessiné. On pose les vélos. Une visite privée et guidée a été bookée nous voilà à l’intérieur du conduit du viaduc, au cœur de l’ouvrage. Un dernier moment suspendu, avant de reprendre nos routes, avant de reprendre nos chemins habituels. De quitter ce chemin tout tracé et pensé pour que toute contrainte s’efface, imaginé pour que tels des équilibristes sur 2 roues, on se laisse porter, tout en gardant la liberté, celle de s’arrêter, de prolonger, de découvrir autrement.

A partir de 690 € pour 4 jours et 3 nuits comprenant les vélos électriques et accessoires de portages des bagages, l’accès à l’application Chemins, 3 nuits en petit déjeuner, l’atelier de céramique, la visite guidée du Pont du Gard, l’assistance et l’assurance.
Allez hop en voiture
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