A Toulon, en louchant vers Hyères

Par Geneviève Brunet, le 15 juil. 2026

Moins de 20 km les séparent et pourtant, peut-on faire plus différentes que Toulon et Hyères ? La Marine d’un côté, les surfeurs de l’autre ; une rade contre des jardins ; la montagne en balance avec des îles. Rien ne sert de choisir : dormir ici, dîner là et naviguer de l’une à l’autre, c’est la promesse d’un séjour comblé.

Prendre un téléphérique dans une ville de bord de mer, ça ne viendrait pas immédiatement à l’esprit. C’est pourtant la meilleure façon de faire connaissance avec Toulon. Vous sautez dans la jolie petite cabine rouge aux accents sixties, relookée par le designer Patrick Jouffret, et vous voilà téléporté à Rio. En quelques minutes de grimpée à vous filer le vertige, tandis les parfums de garrigue vous assaillent, la Grande Bleue explose sous vos yeux. A vos pieds, la ville s’étire en longueur entre mer et montagne, un peu comme une vallée. Un dessin de 1923 montre un beau jeune homme torse nu, avec une casquette de marin : c’est Jean Radiguet croqué par Cocteau sur le port de Toulon. Dans ce grand port de guerre, paradis des Parisiens dissipés des années trente, fleurissaient alors les bordels des deux sexes et les fumeries d’opium. L’image d’Epinal d’un Toulon colonisé par les pompons rouges a vécu. Toulon s’étire et se réveille.  Les villes qui se sont longuement oubliées deviennent un grand terrain de jeu pour les urbanistes et les architectes. Toulon en est à ce stade du Monopoly où elle déplace ses pions et redessine les perspectives. Ville haussmannienne d’un côté, fraîches ruelles provençales de l’autre : si longtemps discrète qu’elle était difficile à dessiner, cette fausse moche a fait son coming out. Désormais on flâne dans les ruelles, voguant d’échoppes en ateliers, on s’installe aux terrasses aux accents d’Italie et l’on se régale à quelques tables, dans le sillage de ce Shanael qui a décroché sa première étoile quelques mois à peine après son ouverture. 

Hyères et ses palmiers

15 minutes d’autoroute ou 10 mn de train et voilà une toute autre ambiance. La voisine de Toulon la montagnarde étale ses kilomètres de plages étirées et de criques secrètes préservées. En ville, vous vous perdez dans les jardins exotiques, souvenirs de la présence des Anglais et vous flânez dans la ville médiévale en empruntant le Parcours des Arts. Ce circuit urbain slalome entre galeries d’art, boutiques design et patrimoine réhabilité. Dormirez-vous au Provençal, face à la mer ou chez Lilou, dont le chef et les soirées font les belles nuits de Hyères ? Et si vous louez la charmeuse Villa Almanarre, vous ne manquerez pas d’aller déjeuner au Mérou, la table avec vue du Musée du Niel, avant de prendre la navette pour Porquerolles pour en prendre plein la vue à la Fondation Carmignac. Bien entendu, vous irez visiter en bande la Villa Noailles. C’est elle qui, en essaimant les manifestations de sa Design Parade entre les deux villes, a, la première, recréé le lien entre Toulon et Hyères, désormais sœurs de création. Elle fête cette année ses dix ans et tout l’été les expositions s’étirent entre les deux pôles. Autre prétexte pour découvrir ce binôme ensoleillé et devenir fan de ce visage du Var, moins glamour que Saint-Tropez, mais « provençal » au bon sens du terme.

 

Allez Hop au lit chez Damien & Benjamin Piffet, leurs compagnes Julie Liger & Lene Arentsen

Certains viennent là parce qu’ils aiment l’idée d’ajouter leurs noms à une longue liste d’hôtes prestigieux, Le Provençal, attirant depuis son rachat en 1951 par le grand-père Marius Michel (ancien chef des cuisines du Lido) tout le gratin qui descend en villégiature sur cette Côte d’Azur-là, de Marie-Laure de Noailles (en voisine) à Andrée Putman, en passant par John Gallianno et autres modeux (le festival de la mode et la Design parade, à Hyères). D’autres viennent pour cette situation incomparable (…) Lire la suite

 

Allez Hop au lit chez Alexandre & Céline Lafourcade

Dans la famille Lafourcade, qui demandez-vous ? Le fils Alexandre, spécialiste de la restauration de demeures d’exception, la maman Dominique, paysagiste-star, l’épouse Céline qui orchestre les chantiers de main de maître ou les filles, à la décoration ou à l’événementiel ? Les parents, qui naviguent entre le bureau historique de Saint-Rémy et leur résidence hyéroise, n’ont pas pu résister à cette maison au charme tentateur. La matière première ne manquait pas de panache (…) Lire la suite

 

Allez Hop au lit chez David Pirone

L’entrepreneur David Pirone, connu pour son restaurant festif du Marais Plage et pour son hôtel de designers La Reine Jane, a eu pour son troisième opus hyèrois des envies de centre-ville. Fidèle à ses goûts d’esthète, il a missionné Kim Haddou et Florent Dufourcq pour rendre à l’un de ces grands hôtels cossus, créés sur la Côte d’Azur par les Anglais à la fin du 19e siècle, son atmosphère de villégiature. Plutôt brunch dans le patio ou verre au bar, côté cheminée et canapés en rotin, rééditions de pièces signées Gabriella Crespi (…) Lire la suite

 

Allez Hop à table chez Anthony Denon

Ce ne serait pas très smart de présenter Toulon comme un désert gastronomique, par égard pour les deux ou trois tables qui font des efforts, mais soyons honnêtes : le parcours gourmand tourne vite en rond, incitant à mettre rapidement le cap sur l’arrière-pays ou Saint-Tropez. Voici enfin une table prête à renverser la donne. Pour avoir fait ses gammes sous le regard de Christophe Saintagne, Jean-François Piège et Alain Ducasse, après avoir brillé au Meurice et à l’hôtel Burgundy, Anthony Denon était destiné (…) Lire la suite

 

Allez Hop on craque chez Laurent Gabbanini

Si vous ne voulez pas arriver les mains vides chez vos amis lors d’un prochain dîner, pas d’hésitation : faites halte dans cette micro-boutique posée juste devant l’entrée des belles halles Art déco de Toulon. Micro-lieu mais maxi-inspiration. C’est Laurent Gabbanini, venu du sport de haut niveau, qui a eu l’idée de créer cette élégante spécialité pâtissière. Elle a un peu la forme d’un millefeuille, mince et longue (d’où son nom), mais plutôt l’apparence d’une coque en pâte sucrée, fine et craquante, qui cacherait un cœur fondant mêlant biscuit crémeux, praliné et ganache montée. Un nuage peut-il croustiller et fondre en même temps ? La preuve par huit parfums imaginés chaque jour par un Clément Dupont, le jeune et exigeant créateur de ce dessert addictif.

11, Rue Jean-Aicard
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Allez Hop on craque chez Sarah et Nicolas Fauvel

Pas d’œufs, pas de crème mais une onctuosité sans égale… Le secret de Sarah, c’est la poudre d'orchidée, garantissant une texture légère et trois fois moins sucrée à ses glaces. D’origine syrienne, elle décline avec brio la glace ashta à la sève de pistachier et à la fleur d'oranger, une invitation au voyage... Les sorbets ne sont pas en reste, riches en fruits (50 à 75 %), pour la fraîcheur des jours de canicule. Et pour aller au bout de la gourmandise, Sarah cultive la fusion entre tradition orientale et créativité contemporaine autour de pâtisseries et entremets aériens. A déguster sur la terrasse de la petite boutique girly posée en bordure du célèbre marché du Cours Lafayette, un autre régal, mais pour les yeux cette fois.

34, rue Paul-Lendrin
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Allez Hop on flâne au musée du Niel

Sur la magique presqu’île de Giens, Jean-Noël Drouin a choisi une villa édifiée en 1962 pour partager sa collection. La réhabilitation, confiée à l’Agence Vialla Pouliquen, a donné naissance à ce volume géométrique sur trois étages, entouré de balcons saillants qui dominent le Niel, ravissant petit port caché, et offrent des points de vue exceptionnels sur la mer, face à l’île de Porquerolles. Dédié aux formes d’expression artistique de la seconde moitié du XXe siècle, notamment la non-figuration et l’abstraction en France après-guerre, cet espace intime propose des expositions thématiques témoignant de la vitalité de cette exceptionnelle période de création. Un cadre entre ombre et lumière où l’on craque autant pour les expos que pour l’environnement.

6, route du Port-du-Niel, Giens
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Allez Hop on flâne à La Villa Carmignac

S’offrir cette ancienne ferme qui figurait dans le film de Jean-Luc Godard « Pierrot le fou », en plein milieu d’un parc national, avec vue sur mer, avouez que ça a de la gueule. Dans les années 1980, l’architecte Henri Vidal, transforme la ferme en villa. Invité au mariage d’une de ses filles, Édouard Carmignac tombe sous le charme du domaine. Il imagine en faire plus tard un lieu dédié aux arts. Son rêve s’est réalisé et il suffit de s’offrir 15 mn de traversée entre Hyères et Porquerolles pour le partager. Le mas et ses 2000m2 de salles d'exposition se fondent dans le paysage. On y accueille des expositions majeures tandis que le jardin habité de sculptures entraîne le visiteur vers un restaurant caché à l’ombre des pins, qui sert de succulents déjeuners. 

Piste de la Courtade, Île de Porquerolles
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Allez Hop, on se renseigne

Offices du tourisme de Toulon et de Hyères

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Design Parade

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