Munich, de la bière à l’eau
Par Bérénice Debras, le 23 janv. 2026
Il n’y a pas que la bière qui coule en Bavière ! À Munich, les rivières appellent à s’y baigner aux beaux jours et à surfer toute l’année. Leurs remous, au pied des montagnes, font des vagues chez les sportifs, les touristes et même les politiques. Cette géographie inattendue donne à la capitale bavaroise des airs de bord de mer.

Monaco par-ci, Monaco par-là… À Munich, le Royaume Monégasque s’affiche un peu partout : Bellevue di Monaco (centre culturel avec café sympathique) ou encore Monaco Café (avec vue sur la fameuse Marienplatz)… À se demander si on est bien en Bavière ! Pourtant, point de Méditerranée en vue mais des lacs et des sommets Alpins tout proches où l’on part skier dès les premiers flocons. Quant au célèbre Rocher, il est à plus de 760 kilomètres de là. Mais alors d’où vient cette « folie » monégasque ? D’une simple curiosité linguistique. En Italien, Munich se traduit par « Monaco di Baviera ». Lost in Translation ? Attendez, vient le Lost in Tradition !
Dans les rues, les Lederhosen et les Dirndl côtoient aussi bien les costumes-cravates que les combinaisons en néoprène de surfeurs. Été comme hiver, on les voit pédaler, un board sous le bras, vers l’une des trois vagues statiques des rivières Eisbach et Isar. On surfe à Munich, et pas qu’un peu. Au point que cela prend aujourd’hui une tournure politique. La vague la plus connue, Eisbachwelle, fait la Une des journaux. Après le nettoyage annuel de la rivière fin 2025, la vague ne s’est pas reformée. Diantre ! Des militants ont donc posé une rampe sous l’eau, aussitôt retirée par la municipalité. La tempête gronde dans la communauté de surfeurs. La vague, dit-on, risque de peser dans les prochaines élections municipales !
La bière et l’eau
Mais pas besoin de la vague pour se baigner dans les eaux fraîches (voire glaciales) des cours d’eaux. L’été, le maillot de bain est un indispensable pour la trempette ou la bronzette sur les galets ou la pelouse. Reste un autre bain, celui de la culture. Direction le quartier des arts (Kunstareal) où l’on est vite noyé sous la beauté des œuvres dispersées dans les trois Pinacothèques, le Brandhorst, la Lenbachhaus pour ne citer que quelques lieux. Sans oublier, près de la Eisbachwelle, la Haus der Kunst, un centre d’art pointu qui abrite, dans ses sous-sols une boîte de nuit réputée.
Généreuse et gourmande, la scène culturelle englobe bien évidemment la bière traditionnelle. Blonde et brune se dégustent dans l’une des six principales brasseries du centre-ville. Là, tout semble taillé pour des géants : des chopes de 1 litre aux salles XXL accueillant parfois jusqu’à 1 000 personnes ! Certaines brasseries affichent les verres des habitués, religieusement gardés sous cadenas. Là, l’ambiance n’est pas pour le premier tête-à-tête amoureux : c’est bruyant (et le mot est pesé), plein d’odeurs (houblon, saucisses et chaleur humaine) et le sol poisseux. Autrement dit, c’est un avant-goût « miniature » de l’Oktoberfest (19 septembre – 4 octobre 2026). Un conseil : évitez ici de commander un « Monaco » (sirop de grenadine, limonade, bière, soit l’équivalent local d’un « Radler », une bière avec limonade). L’amour monégasque a ses limites.
Allez Hop au lit, chez Peter Inselkammer
Il vient d’une dynastie de brasseurs et d’hôteliers qui remonte à 1877 ! C’est dire si Peter Inselkammer, propriétaire du Platzl Hotel, sait recevoir. Dans son « auberge », il diffuse la tradition munichoise avec Heiko Buchta, directeur. Derrière la réception…

Allez Hop à table, chez Tobias & Markus Klaas & Daniel Bodamer
Ils sont passés de la guitare et de la batterie au piano de la cuisine – ou presque. À l’aise sur une scène de métal ou de reggae & de ska, les jumeaux Tobias et Markus Klaas jouent maintenant leur propre concert de casseroles. Brothers…

Allez Hop à table, chez Dominik & Theo
C’est un stand qui a la patate ! Et pour cause : il ne propose que des pommes de terre à la vente et à la dégustation. Une tradition de longue date. Le célèbre marché Viktualienmarkt impose, à chaque changement de propriétaire, de conserver la spécialité…

Allez Hop on craque chez Julius Brantner
Troisième génération de boulanger, Julius Brantner a le geste dans la peau. Cet enfant de la Forêt Noire est devenu la star munichoise du pain au levain avec des ingrédients bio. Sa recette ? Laisser le temps au temps. La pâte repose parfois jusqu’à 48 heures avant d’être transformée en pains noirs (certains avec pommes fermentées) ou blancs. Un incontournable ? Le Pretzel.
Kreuzstrasse 1, Altstadt
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Allez Hop on craque encore chez Hofbräuhaus-Kunstmühle
Un moulin en ville ? Oui et il tourne depuis 1570 ! À l’époque, il est dédié au malt avant de moudre de la farine blanche. La quatrième génération de la famille Blum continue la tradition sur l’unique moulin à céréales de Munich – inscrit monument historique. Les Blum ont ouvert une petite boulangerie avec de délicieuses pâtisseries. On peut même y acheter de la farine.
Neuturmstrasse 3
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Allez hop on lève son verre chez Haderner bio-brauerei
Marta est amatrice de vin. Thomas de bière. Il a longtemps brassé chez lui avant de lancer sa propre marque – tout en convertissant sa femme à la mousse. Cette brasserie familiale se concentre sur des produits 100% bio issus de la région. Les différentes variétés se dégustent sur place après une visite des lieux (anglais possible, sur réservation).
Grosshaderner Strasse 56a
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Y aller
1 train direct (TGV/ICE) par jour relie Paris à Munich, 5h40 à 5h55 de trajets suivant les heures de départ.
Allez hop en voiture
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