Strasbourg, un pas ou deux de côté

Par Bérénice Debras, le 15 juil. 2026

Des berges de l’Ill aux bords du Rhin, du port aux friches industrielles, un autre parcours se dessine à Strasbourg loin du circuit traditionnel. Avis aux curieux ! À vélo, on affine ses mollets en roulant vers des territoires peu touristiques jusqu’à franchir la frontière vers l’Allemagne. Au-delà des clichés. 

Oublions l’image carte postale de Strasbourg, la Petite France aux maisons à colombage et aux fenêtres gorgées de géraniums. Fuyons les charmantes ruelles pavées et les ponts couverts, dignes de Venise, bondés de touristes. À l’Est de la ville, le quartier Port du Rhin dévoile une esthétique rugueuse et rêche, au goût d’eau et d’acier. Des containers venus des mers lointaines s’alignent en rangs serrés le long du Bassin du Commerce. Ils appellent à l’ailleurs. Car Strasbourg, on l’avait oublié, reste le second port fluvial de France après Paris. Une ambiance de l’entre deux, proche d’un no man’s land, flotte dans ce quartier. Sans doute aussi parce que l’Allemagne est au bout du pont, de l’autre côté du Rhin. En somme, un lieu entre deux eaux et, de surcroît, entre deux pays. Si le port moderne s’est un peu éloigné, l’ancienne cantine des dockers, Le Bateau du Rhin, est lui resté bien ancré. 

Mais ce quartier industriel est en plein changement grâce au projet COOP (80 000 m2) qui s’érige sur les cendres de la Société Coopérative de Consommation de Strasbourg. Qui s’en souvient encore ? En 1902, 125 ouvriers se rassemblent pour acheter et revendre des produits alimentaires au meilleur prix. La COOP Alsace s’installe à Port du Rhin en 1911. Elle comptera jusqu’à 100 000 sociétaires et 500 supermarchés coopératifs dans le Bas Rhin à ses plus belles heures, dans les années 60. En 2015, elle met la clé sous la porte, laissant une floppée de bâtiments vides. C’est alors que le quartier COOP se dessine lentement en préservant l’héritage patrimonial industriel. Ainsi, l’entrepôt « Union Sociale » abrite désormais près de 400 000 pièces des collections des dix musées de la Ville de Strasbourg. Quant à la Cave à Vins (1964) aux airs de Retour vers le Futur, elle reste encore (malheureusement) fermée au public en attendant une éventuelle halle gourmande. Plus rapides, Océane et Brandon ont récemment ouvert Block, un restaurant de street food maison. 

À deux pas de là, la Basse-Cour des Miracles et La Virgule regroupent des ateliers d’artistes et d’artisans ainsi qu’un espace d’exposition. Reste le tiers-lieu Kaleidoscoop (bureaux, espaces de coworking et sympathique café-restaurant Dékalé) dont les mots d’ordre sont éco-responsabilité, éthique et action transfrontalière. L’Allemagne se rappelle à nous. En quelques coups de pédale (ou en tram), nous voilà à Kehl, de l’autre côté du Rhin. La ville distille elle aussi cette atmosphère de l’entre-deux. On y goûte devant une glace à l’Eiscafé Pierod dans une décoration surannée des années 90. Le patron, un Italien parlant allemand et français, n’accepte que les espèces. On file ensuite jusqu’au jardin des Deux-Rives, trait d’union entre les deux pays, où un OVNI (oui !) s’est posé au bord du Rhin. Le Kehler UFO, soucoupe volante, est un minuscule Musée d’Histoire Naturelle qui ferait presque passer les Allemands pour des extraterrestres. Mais soyons franc. Ce parcours, hors des sentiers battus, est agréable par ciel bleu. Sous la grisaille (mais pas que), mieux vaut opter pour le quartier vibrant de la Krutenau avec son ancienne Manufacture de Tabac, incontournable. Son architecture industrielle du 19ème siècle voisine avec celle de l’Art Nouveau de la façade de la Haute école des arts du Rhin (HEAR). Un chef d’œuvre de frises polychromes et de céramiques. La Petite France n’est pas le seul joyau de Strasbourg !

 

Allez Hop au lit chez Franck Meunier

Madame C aime jouer des tours. Depuis la rue, c’est à peine si l’on remarque son entrée discrète marquée par deux lanternes rouges. Son lobby, pourpre de la moquette aux murs, donne la couleur du lieu. Plus loin, sous les lumières tamisées, le tissu léopard flirte avec les papiers peints fleuris qui murmurent les soupirs d’hier, ceux de la Belle Époque. Des photos coquines et des esquisses érotiques ajoutent au style d’une « Maison des plaisirs » d’antan. Franck Meunier, qui roule sa bosse dans la restauration, voulait une adresse confidentielle qui se refilerait par bouche-à-oreille (…) Lire la suite

 

Allez Hop à table chez Marie Hamon & François Ash

À un jet d’eau de l’Ill, dans le bouillonnant quartier de la Krutenau, le restaurant a gardé le charme de l’ancienne winstub qu’il occupe : lambris, colombages mis à nus et fenêtres en cul-de-bouteille. Le tout, gentiment twisté à la mode d’aujourd’hui. Madeleine, c’est Marie Hamon (en salle) et son compagnon François Ash (passé par Le Richer et le 52 à Paris), une Bretonne et un Alsacien qui, après le Covid, ont quitté Paris pour s’installer à Strasbourg. Madeleine, c’est aussi une référence (…) Lire la suite 

 

Allez Hop à table chez Noémie d’Hooge & Marin Remy

Douze couverts, pas plus. La petite salle, enveloppante, invite à papoter entre soi ou avec ses voisins de table - si l’envie est là. Pas de menu : les « intentions » sont livrées sur le site internet comme une liste de tous les possibles. Une façon d’aiguiser la curiosité, de donner envie et d’écarter les a priori – et ça marche, la sympathique bavarde à côté de nous s’enthousiasme sur la truite, poisson quelle détest habituellement ! Chez Ondine, les assiettes, aussi délicates que poétiques, sont pleines de joie, celle de Noémie d’Hooge et de Marin Remy. Ce soir-là, (…) Lire la suite

 

Allez Hop, on craque chez Jaune Citron 

Ancienne professeure des écoles, Laura Schneider décline le soleil à l’envi dans ses deux pâtisseries Jaune Citron, auréolées du titre « Meilleures Pâtisseries à Explorer 2025 » de The List. On croque dans l’Audacieux Citron (aussi beau qu’un agrume de Menton) ou dans une fleur, l’Attachante Pistache. Sur place, dedans ou en terrasse. À emporter aussi mais dans ce cas mieux vaut opter pour un cookie. 

39 Grand'Rue
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Allez Hop, à table chez Özgür Ucmaz

C’est ce qu’on appelle un kebab qui a la frite. Les week-ends, la boule à facettes (en forme de kebab !) tourne à côté de la table de DJ et des broches à la flamme, cachées dans la cuisine. « J’ai voulu créer un lieu qui me ressemble sourit Özgür Ucmaz. La première adresse, rue du Vieux-Marché-aux-Vins, illustre une ambiance Méditerranéenne. Celle-ci surfe sur l’atmosphère des kebabs des années 70. Les séries de l’époque (...) Lire la suite

 

Allez Hop, on chine chez Maison P.latine

Pascale Belguise a le goût de la chine et du beau. En 2025, elle ouvrait sa pimpante boutique de décoration en apportant les rayons de soleil du sud où elle est née. Les jolies nappes colorées, tout droit sorties d’un atelier, s’entichent des assiettes chinées au marché aux puces ; les vases design côtoient des objets vintage ; les sacs en tissu donnent des envies de pique-nique… Un savant mélange de pièces. Attention, difficile de repartir bredouille. 

7, place Saint-Etienne
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Allez Hop, on fait une pause chez Ôjourdhui

Katherine, chef pâtissière d’origine russe, et Gaëtan Denilauler, boulanger et chef pâtissier alsacien, aiment vivre le temps au présent. Ils nous invitent à y goûter « Ôjourdhui » dans leur café-salon de thé aux murs patinés. C’est design mais pas trop - juste ce qu’il faut. Un doux moment sucré où l’on croque dans leur tarte au fromage, leur jardin d’agrumes ou l’essentiel noisette-chocolat et, pour les amateurs de salé, des club sandwichs. Et, à emporter, un pain au chocolat à deux barres ou une brioche. Ôjourdhui a collaboré avec le restaurant Ondine pour une création unique de brioche. 

11, Rue de la Brigade Alsace-Lorraine
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Allez hop, on remplit son filet de provision chez Kooma

Qui a dit qu’un magasin bio devait avoir un look baba-cool ? Certainement pas les architectes qui ont dessiné ce lieu design aux lignes épurées. Kooma, installé dans l’ancienne manufacture de tabac, a été pensé comme un prolongement de la terre ou plutôt des fermes. Oust les intermédiaires ! Les produits sont proposés en direct des agriculteurs aux consommateurs. 

6, Cour des Cigarières
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Allez Hop, on danse chez Karmen Camina

Rares sont les lieux aux horaires si élastiques. On y va pour un café à 13h, on reste pour un apéro, on revient pour un verre et, finalement, on se déhanche dans le Club ou dans la Gallery... Laquelle est équipée d’une trentaine d’enceintes offrant une expérience sonore unique et immersive. Les projets y sont joués en son spatialisé – expérience en 3D simulant la perception naturelle du son dans l’espace à des endroits précis soit le contraire de l’effet stereo. 

4, Cour des Cigarières
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Allez Hop, on se renseigne

L’Office de Tourisme de Strasbourg

17 Place de la Cathédrale
Tél. : +33 3 88 52 28 28. 
Site

 

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